Archives du 21 décembre 2014

Le sucre ajouté plus dangereux que le sel?

Le sel ajouté dans les aliments préparés industriellement est souvent tenu pour responsable d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires.
Or, récemment, une analyse publiée par des chercheurs américains dans la revue «Open Heart», le sucre ajouté semble avoir un rôle plus important dans la santé Cardio vasculaire.

Des chercheurs de l’Institut de Cardiologie Saint Luke’s Mid America, à Kansas City, et la faculté de médecine Albert Einstein de New York ont analysé plusieurs études publiées sur ce sujet et en ont conclu que le sucre ajouté joue aussi un rôle plus important dans ces maladies que le sel.

En effet, la réduction moyenne de tension artérielle obtenue en diminuant la consommation de sel n’est en fait que relativement faible, déclarent les auteurs.
Par contre, la diminution de la consommation de sucre a un retentissement beaucoup plus important.
Les recherches ainsi que les études et les essais cliniques indiquent que le sucre est nettement impliqué dans l’apparition de l’hypertension.
Non seulement l’hypertension mais aussi le risque cardiovasculaire global est influencé par le sucre.

Au début du 19ème siècle, une personne habitant dans un pays industrialisé consommait environ 5 kilogrammes de sucre raffiné par an.
Depuis les années 1970, ce chiffre a atteint environ 35 kilogrammes par an. Cela comprend le sucre incorporé dans les biscuits, pâtisseries et diverses préparations.
Et la consommation continue d’augmenter inexorablement surtout dans les pays en voie de développement (environ 60% de la consommation mondiale).

«La consommation de sucre augmente le taux d’insuline, ce qui active le système nerveux sympathique, responsable de l’augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielle», explique James J. Di Nicolantonio, responsable de cette étude et chercheur dans le domaine cardiovasculaire à Kansas City (Missouri).

Ainsi, si une personne augmente sa consommation de sucres ajoutés de plus d’un quart de ses calories quotidiennes a trois fois plus de risques de développer des maladies cardiovasculaires qu’une personne dont la part de sucre supplémentaire représente moins de 10%.

D’après ces études, une consommation quotidienne de plus de 74 grammes de fructose augmenterait de 30% le risque d’avoir une pression artérielle supérieure à 140/90 et de 77% le risque d’une pression plus haute que 160/100.

Les chercheurs accusent surtout le sirop de maïs riche en fructose, qui est l’édulcorant le plus fréquemment utilisé dans les aliments transformés, sans oublier les boissons gazeuses (sodas).

Robert Lustig, endocrinologue pédiatrique à l’Université de Californie, affirme que le fructose, n’est pas vraiment inoffensif !
Car à l’inverse du glucose, il ne va pas directement dans les cellules grâce à l’insuline mais doit être métabolisé par le foie, tout comme l’alcool.
Ainsi il fait monter le taux de triglycérides dans le sang, ce qui augmente aussi le risque de maladies cardiovasculaires.
Or le fructose est présent dans toute l’alimentation transformée avec les sirops de glucose-fructose, les sodas, biscuits, pâtisseries et autres friandises.

Il est important de noter que le fructose en poudre, acheté dans les magasins n’est pas extrait des fruits mais de l’amidon.

D’ailleurs James J. Di Nicolantonio confirme : «Il est métabolisé en priorité par le foie, et perturbe son fonctionnement et celui du pancréas, ce qui à terme augmente le stockage des graisses dans les organes internes et par conséquent le risque de développer une maladie métabolique ou un diabète. Autant de facteurs de risques supplémentaires pour le système cardiovasculaire».

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de consommer maximum 5% des calories journalières dues au sucre.
Pour une personne adulte, cela équivaut à 5 ou 6 cuillères à café par jour et pour un enfant seulement 3 cuillères à café, toutes sources confondues : biscuits, jus, confiture sur la tartine, etc…
Or, je rappelle qu’une cannette de soda contient environ 30 grammes de sucre, soit l’équivalent de 6 cuillères à café de sucre.
Avec une seule cannette, le plafond journalier est déjà atteint !

Par contre, il est important de savoir que les auteurs précisent que les sucres qu’on retrouve naturellement dans les fruits et légumes ne sont pas nocifs pour la santé, bien au contraire.

Je rappelle que les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès prématurés dans les pays développés.

Les auteurs concluent qu’une baisse de la consommation de sucre en réduisant les sucres ajoutés dans les aliments transformés est plus que judicieuse.

La seule façon d’y arriver est de consommer surtout des aliments complets et naturels, et d’éviter coûte que coûte les sodas, les sauces et plats préparés industriellement, ainsi que les pâtisseries, les crèmes glacées et en général, bien sûr, toutes les sucreries.

Docteur DENJEAN qui préfère radicalement finir son repas avec un fruit plutôt qu’une pâtisserie.

2014/12/img_0924.jpg

%d blogueurs aiment cette page :