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L’alimentation crue

Depuis un certain nombre d’années il existe un engouement pour l’alimentation crue, dite vivante, et ce phénomène est notamment mondial.

L’alimentation crue ou, encore appelée par les américains, raw food, Sunfood (alimentation du soleil) ou Rainbow Diet (diète arc-en-ciel) ne manque d’ailleurs pas d’information sur ce sujet, soit sur internet soit dans les publications de livres.

Et en plus le relais des vedettes hollywoodiennes qui proclament haut et fort être des adeptes, comme Demi Moore ou Barbra Streisand.

Aux États-Unis, il existe plus d’une vingtaine de restaurants spécialisés dans l’alimentation vivante.

Ce type d’alimentation existe, en fait depuis fort longtemps.
En effet, au début du XXème siècle, la traduction de l’Évangile de paix des Esséniens a révélé qu’elle était pratiquée voilà plus de 2000 ans par cette ancienne secte, dont on dit qu’ils pouvaient vivre jusqu’à 120 ans.
Plus proche de nous, au XXème siècle, Ann Wigmore et Viktoras Kulvinkas, fondateurs de l’Institut de santé Hippocrate, ont repris la promotion de ce régime.

Les recherches ont plus d’une fois montré que l’alimentation traditionnelle (surtout lorsque l’on ingère des aliments dits transformés) provoque des problèmes de santé, des baisses d’énergie, des allergies et de l’hypertension artérielle, des problèmes cardio-vasculaires ou intestinaux.
Donc, ce n’est pas une alimentation idéale sur le plan santé même si elle est flatteuse au goût.

Notre mode de vie occidental est surtout marqué par la malbouffe, la junk food et la sédentarité, tout cela entraînant de multiples maladies dites de civilisation.
Ainsi, il est reconnu que le cancer ou les maladies cardio-vasculaires font nettement beaucoup plus de victimes que les accidents de la route.

D’ailleurs, beaucoup d’experts disent qu’un certain nombre de maladies mortelles, ainsi que les maladies chroniques qui empoisonnent notre qualité de vie, sont le résultat direct d’une alimentation bien trop grasse ainsi que trop sucrée et trop salée, bien trop riche en protéines, très souvent trop copieuse.
Il en est de même de notre de vie trop sédentaire, accrochés aux technologies modernes, que ce soit la voiture, la télévision, les ordinateurs, ou les téléphones.
Tout cela contribuant à nous faire vivre dans un monde de stress permanent.

Mais en changeant notre mode de vie, un bon nombre de maladies chroniques sont réversibles.
On peut en effet agir sur le déséquilibre de notre métabolisme lié aux abus auxquels nous l’avons soumis puisqu’il ne parvient plus à éliminer les toxines accumulées.

L’alimentation crue dite vivante semble relever ce défi.

Les aliments crus possèdent eux, tous les enzymes nécessaires pour s’auto-digérer. Quand on fait cuire des aliments, on détruit leurs enzymes.
Les aliments cuits ne contiennent pas d’enzymes vivants, ils ont donc besoin des enzymes de notre corps pour la digestion et l’assimilation des nutriments.

Les aliments crus sont riches en vitamines, minéraux, acides aminés, oxygène, sucres naturels et enzymes qui disparaissent dès que les aliments sont cuits.

De par leur richesse, les aliments crus améliorent donc la digestion, l’élimination, ils donnent plus d’énergie et font baisser le cholestérol et favorisent la perte de poids.

Alors quel est le principe du manger cru ?

Le principe de base de manger cru consiste à se nourrir (de 75% à 100%) d’aliments frais alcalinisants qui n’ont pas été transformés, ni cuits à plus de 40°, exception faite de la germination et de la fermentation.

C’est à dire :

– Fruits
– Légumes
– Noix
– Graines
– Graines germées
– Algues
– Épices

L’alimentation crue, bien sûr de préférence BIO est naturelle et doit être sans produits laitiers et sans gluten, et très pauvre en protéines animales.

Pourquoi privilégier les aliments alcalinisants ?
Une fois absorbés, les aliments sont oxydés avec formation de résidus.
Lorsque dans ces résidus, on trouve en grande quantité les minéraux tels le sodium, le potassium, le calcium et le magnésium, on les classe comme «aliments alcalinisants».
L’avantage de ces aliments est de neutraliser les aliments dits «acidifiants» qui produisent de l’acide urique, sulfurique, acétique, lactique et phosphorique.

Donc les adeptes de cette alimentation pensent que les aliments alcalinisants, comme les fruits, les légumes et les graines germées participent au bon équilibre acido-basique de notre organisme.

De plus la germination préconisée dans cette alimentation part du principe que la graine en germination produit son embryon et donne naissance à une nouvelle plante.
Ceci produit à l’humidité et à l’abri de la lumière, après de multiples réactions chimiques dont la synthèse d’enzymes qui permet une prédigestion des glucides, des lipides et des protéines de la graine avec la multiplication de certaines vitamines et, finalement, la production de chlorophylle qui débute lorsque la petite pousse voit la lumière.

L’élément important est donc avec cette alimentation la conservation des enzymes, naturellement présentes dans les fruits, les légumes et la germination, qui sont détruites par une cuisson avec une température supérieure à 47,8°C (118°F).

Cette alimentation est simple à préparer et assez digeste, les aliments crus dits vivants augmentent la vitalité, donnent plus d’énergie, aident à combattre certaines maladies, font disparaître certaines allergies, règlent souvent les problèmes de digestion, aident à obtenir un système immunitaire plus fort, permettent de baisser le taux de cholestérol, et participent à la normalisation du poids.

Par contre, il a été prouvé que les adeptes du cru ont des taux d’antioxydants plus élevés dans le sang.
En outre le taux de bon cholestérol étant un peu trop bas chez les crudivores, il est nécessaire de complémenter avec des graines type sésame, tournesol, courge, etc… ou par des oléagineux telles les noix ou amandes.

L’apport calorique plus faible et une satiété rapide du fait d’un temps de mastication nettement plus long des aliments crus, ce régime fait perdre du poids.
D’ailleurs, des chercheurs allemands ont étudié ce type d’alimentation et ont observé une perte de poids d’environ 10 kg chez les hommes et de 12 kg chez les femmes.

L’alimentation vivante bien conduite ne devrait pas entraîner de carences alimentaires, sauf pour la vitamine B12.
Il faudra donc des suppléments en vitamine B12.
Cependant par mesure de précautions, il vaut mieux éviter cette alimentation chez les enfants et les adolescents ainsi que chez les femmes enceintes.

Enfin, la cuisson détruit une grande partie des vitamines et minéraux des aliments (et plus l’aliment cuit, plus les vitamines et minéraux disparaissent).

Pourtant la cuisson améliore aussi la biodisponibilité des vitamines et minéraux; par exemple, la quantité de lycopène (antioxydant) présent dans les tomates est doublée par 30 minutes de cuisson.
De plus, la cuisson permet à certaines fibres alimentaires d’être beaucoup moins irritantes pour l’intestin.
La cuisson a aussi le pouvoir de tuer les éléments pathogènes et donc d’éviter les toxi-infections et détruire les allergènes de certains aliments.
C’est pourquoi les adeptes du cru doivent absolument et parfaitement laver les fruits et légumes dans de l’eau vinaigrée.

Il est également vrai que la cuisson diminue le pouvoir anticancérigène des aliments, par exemple les isothiocynates des crucifères (Brocoli, Chou, Chou-fleur, Chou Kale, etc….).

En conclusion, on peut privilégier le cru dans l’alimentation mais avec distinction, sans rejeter complètement et définitivement les aliments cuits.
Et lorsque l’on cuit les aliments, éviter de trop les griller, carboniser ou frire car ils seront mauvais pour la santé.

Ainsi comme l’a dit Hippocrate : «Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament, ta nourriture».

Docteur DENJEAN qui privilégie dorénavant l’alimentation crue et se sent nettement plus énergique depuis.

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Cuire les aliments trop intensément nuit à notre santé

L’ Académie nationale de pharmacie a émis une mise en garde au sujet de la façon de cuire les aliments.
En effet, lors d’une cuisson trop intense, il se produit la glycation des protéines, ou «réaction de Maillard», et donc des «produits de glycation avancée» (AGE) qui se forment secondairement.
C’est une réaction chimique qui se produit entre un acide aminé (élément de base des protéines) et un sucre comme le glucose, le fructose ou le lactose.

Ainsi, lorsque les aliments sont cuits trop brutalement ou à températures trop élevées, des produits nocifs et dangereux pour l’organisme comme l’acrylamide sont libérés.
Cette réaction de Maillard est reproduite à chaque fois que l’on fait griller du pain blanc pour en faire un toast de couleur brune.
L’acrylamide est une substance découverte en 2002 par des chercheurs de l’Université de Stockholm, en Suède, à forte potentialité cancérigène et neurotoxique et qui accélère le vieillissement.

Donc, il est très important de réfléchir à la façon dont on va préparer les aliments achetés.
On savait qu’un aliment trop gras, trop épicé ou trop assaisonné est déjà nocif mais de plus un aliment trop cuit peut rapidement perdre ses bienfaits et même devenir nocif s’il est mal cuit.

Les AGE ont déjà tendance à exister spontanément dans le corps humain lorsque la concentration de sucre dans le sang est élevée lors d’une hyperglycémie (Diabète).
Mais ils peuvent aussi donc être fabriqués lors de la cuisson des aliments à partir de sucres et de protéines de par la chaleur absorbée.

Le Professeur Jean-Luc Wautier, de l’Université Denis-Diderot (Paris), a expliqué que cette réaction de glycation est «responsable de la couleur brune de certains pains, du pain d’épice, des sirops colorants, des boissons alcoolisées ou des sodas». Cette réaction donne le goût particulier des aliments frits.

« Il s’agit surtout d’aliments issus de la friture de la pomme de terre comme des frites ou des chips et de céréales grillées ainsi que du café », explique le Professeur Eric Boulanger, spécialiste en biologie du vieillissement à l’Université Lille 2.
D’autres recherches ont retrouvé l’acrylamide dans les fruits secs, les légumes cuits au four, les olives noires et certaines noix rôties.

Outre la durée et la température de cuisson, les recherches ont démontré que la formation d’acrylamide dépendait aussi beaucoup de la teneur de l’aliment en asparagine.
L’Asparagine est un acide aminé ayant une structure chimique comparable à celle de l’acrylamide et qui pourrait être transformée en acrylamide par la chaleur élevée, au cours de cette réaction de Maillard.

Une liste des aliments responsables de production d’acrylamide à été confirmée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) selon qui, huit aliments seraient responsables de 80% des apports en acrylamide : frites, frites au four, croustilles de pomme de terre, céréales, pain grillé, biscuits, pain blanc trop cuit et café.
Il faut donc bien de la chaleur pour amorcer cette réaction de cuisson qui déclenche une transformation chimique aboutissant au «brunissage» (carbonisation) des aliments et à différents composés donnant ces odeurs et des saveurs particulières aux aliments brunis.
Les AGE sont retrouvés dans ces parties, roussies, carbonisées, bien cuites qui surviennent lorsque l’on fait trop griller ou frire un aliment.

Aucune trace d’acrylamide n’a été encore détectée dans les aliments qui ont été bouillis, pochés ou cuits à la vapeur. Ceci grâce à la température maximale de ces modes de cuisson, qui ne dépasse pas généralement 100°C, et aussi par le fait qu’il n’y a pas de réaction de brunissage.

Ces substances nocives, étudiées depuis longtemps par les chercheurs ont un « effet délétère notamment dans le diabète, l’insuffisance rénale et lors du vieillissement », car elles s’accumulent dans l’organisme et entraînent un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins.

Dans une récente étude, le Professeur Boulanger a établi un lien entre les AGE et une accélération du vieillissement vasculaire, avec une rigidité des artères et une hypertension.
En outre d’après le Professeur Boulanger, des études américaines ont également constaté un rapport, chez l’homme et chez l’animal, entre ces AGE et une atteinte précoce de la mémoire et des atteintes cérébrales identiques à celles de la maladie d’Alzheimer.

« Mais ces effets restent encore largement méconnus du grand public », a expliqué le Professeur Jean-Pierre Foucher, président de l’Académie nationale de pharmacie.

Alors comment cuire ses aliments ?

Il faut absolument surveiller les modes de cuisson en privilégiant les basses températures (moins de 120°C et même l’idéal serait moins de 100°C) et les cuissons à l’eau, à la vapeur.
Il faut, bien sur, surveiller l’huile de friture ou de cuisson, ne surtout pas la surchauffer et ne pas trop faire dorer les produits lors du rôtissage ou lors des grillades.
Et surtout éviter de consommer les zones les plus brunes ou noires apparues lors de la cuisson.
Bien entendu, le barbecue traditionnel présente tous les dangers si l’on isole pas les aliments du charbon de bois.

Je rappelle que fin 2013, la Food and Drug Administration aux Etats-Unis a fait les mêmes recommandations au sujet de l’acrylamide.

Alors soyons vigilants et sélectifs pour une meilleure alimentation privilégiant la basse température…

Docteur DENJEAN qui respecte toujours les temps et les températures maximum de cuisson.

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