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Édulcorants pas si anodins que ça!

Les édulcorants artificiels non caloriques sont des additifs alimentaires très utilisés dans le monde.

Leur consommation a longtemps été considérée sans risque et conseillée dans les régimes du fait de l’absence de calories.
Toutefois les recherches faites sont souvent contradictoires : certaines affirment que les édulcorants favorisent la perte de poids alors que certaines études les accusent de favoriser l’obésité et le diabète.

Une récente étude a été menée par Suez et collaborateurs et publiée dans la revue «Nature», pour évaluer, par le biais d’une série d’expériences le mécanisme d’action et le retentissement des différents édulcorants sur le métabolisme du glucose chez la souris mais aussi chez l’homme.

Pour cela ils ont procédé par étapes successives en commençant par la souris et en leur faisant ingérer :

– Eau + saccharine ou + sucralose ou + aspartam sur certaines souris.
– Eau seule ou de l’eau + glucose ou + sucre ordinaire sur d’autres.

Les résultats indiquent qu’au bout d’une semaine de ce régime, la tolérance au glucose des 3 souris qui n’ont pas consommé d’ édulcorants n’a pas changé tandis que les souris qui en ont consommé ont toutes développé une intolérance au glucose.

Dans ces conditions on peut se demander comment cela se passe chez l’homme ?

Sept volontaires qui n’avaient jamais avalé le moindre édulcorant ont reçu pendant 6 jours de la saccharine à une dose journalière maximale admise aux USA (correspondant à l’absorption de 40 canettes de boissons contenant des édulcorants !).
Quatre des sept volontaires ont développé des perturbations du métabolisme du glucose comme chez la souris.

Les auteurs concluent à la suite de ces études qu’il existe une preuve que les édulcorants peuvent induire une intolérance au glucose chez la souris mais aussi chez l’homme.
De plus lors d’études complémentaires, les chercheurs ont découvert que ces perturbations seraient en relation avec une rupture de l’équilibre de la flore intestinale induite par les édulcorants car ceux-ci induiraient des perturbations du microbiote intestinal.
En effet les édulcorants traversent le tractus intestinal sans être digérés et entrent en contact directement avec le microbiote intestinal, or plusieurs études ont prouvé que le microbiote intestinal pouvait avoir un rôle dans la régulation du métabolisme du glucose.

Je rappelle que le microbiote intestinal est aussi appelé flore intestinale et que c’est l’ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le tube digestif.

En conclusion, peut-on valider cette étude car elle a été réalisée avec de la saccharine à hautes doses ? Ce qui est absolument rare de nos jours puisque la saccharine n’est pas l’édulcorant le plus utilisé.
Mais en attendant une réponse sûre, il vaut mieux utiliser les édulcorants avec parcimonie voire pas du tout et faire de même avec les boissons dîtes « light ».

Docteur DENJEAN qui boit toujours son café et son thé sans sucre et surtout sans édulcorants ….

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Le rôle athérogène de la viande rouge s’explique par la présence de L Carnitine

Des chercheurs à la Cleveland Clinic dans l’Ohio aux USA viennent d’étudier les facteurs de risques qui conduisent à l’athérosclérose et plus particulièrement la L carnitine, composé existant en grande quantité dans la viande rouge.

Cette L carnitine une fois ingérée est transformée par l’intestin en un composé le TMA puis libéré dans le sang en TMAO (L’oxyde de triméthylamine) qui accélère l’athérosclérose.
On savait que manger trop de viande rouge accentuait le risque de maladie cardiovasculaire mais on a toujours attribué ceci à la présence importante des graisses saturées et du cholestérol présent dans la viande rouge.

Autre phénomène intéressant, cette transformation ne survient pas chez les végétariens ou végétaliens qui ont une flore intestinale différente.

L’explication est donnée par l’existence d’un microbiote intestinal différent chez ces derniers car ils ne transforme pas la L Carnitine.
En fait, même si on fait manger de la viande rouge à un végétarien ou végétalien (depuis au moins un an) l’intestin de ces derniers ne fait pas la conversion.
L’explication selon Selon Stanley Hazen, le directeur de l’étude :
« Un régime alimentaire basé sur l’absorption de viandes rouges encourage probablement la croissance de bactéries capables de convertir la L-carnitine en TMAO ».
On retrouve ceci lorsque les omnivores prennent des antibiotiques qui éliminent le microbiote intestinal et dans ce cas la L Carnitine n’est pas transformée.

Rappel au sujet du microbiote inestinal : anciennement appelé flore intestinale, c’est l’ensemble des microorganismes vivant dans l’intestin (environ 100 000 milliards, et il faut savoir que ces microorganismes représentent deux fois plus que le nombre moyen de cellules de l’organisme)

Cette flore intestinale serait donc le lien entre la consommation de viande rouge et les maladies cardiovasculaires et non donc comme on l’a cru à une époque la présence de graisses saturées et l’apport trop important de fer…

On savait que la consommation excessive de viandes rouges favorise les maladies cardiovasculaires mais le mécanisme semble mieux s’expliquer.
En conclusion pour garder un cœur sain, outre manger des fruits et légumes et du poisson il est préférable de se limiter à deux portions de viande rouge par semaine.

Docteur DENJEAN qui a décidé de réduire sa consommation de viande

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